« Je pensais que ce serait ma dernière saison »
Il y a deux ans, il était sur le point de prendre sa retraite. Aujourd'hui, le jeune espoir français de 26 ans est confronté à ce qui est peut-être son plus grand défi à ce jour. Vendredi, il effectuera sa reprise des compétitions face à Johannes Høsflot Klæbo.
De non sélectionné en équipe nationale et simple "remplaçant" à médaillé olympique : en moins d’un an, Victor Lovera s’est imposé comme l’un des athlètes français les plus prometteurs. Il a signé cinq top 20 en Coupe du monde, mieux que tous ses résultats de sa carrière avant la saison 2025/2026, et a mené la France à la médaille d’argent olympique.
Aujourd'hui, ce natif de Chartreuse, dans les Alpes, âgé de 26 ans, s'est installé à Lillehammer pour s'entraîner parmi les meilleurs mondiaux, et à l'approche des championnats du monde 2027, ses ambitions sont immenses.
« J’ai établi un plan pour les quatre prochaines années, mais j’ai aussi un rêve : remporter l’or olympique en relais en 2030, chez moi, en France. » révèle-t-il à Langrenn.com.
Pour y parvenir, Lovera doit battre Johannes Høsflot Klæbo, l'homme qui a remporté six médailles d'or sur six possibles aux Jeux olympiques de cet hiver et qui a déclaré vouloir participer au moins aux prochains Jeux olympiques.
C’est pourquoi il a choisi de passer l’été à s’entraîner à Lillehammer, où il s’entraîne avec les meilleurs athlètes du monde. Juillet a été le mois d’entraînement le plus intense de sa carrière jusqu’à présent, et vendredi, il aura ses premières réponses. Lovera et Klæbo feront tous deux leur premières compétition de l'été à la Toppidrettsveka, avec la course longue distance à Hitra comme premier évènement.
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J'ai failli tout abandonner à 24 ans.
Que Lovera mène la France à la médaille d'argent au relais olympique n'était pas acquis. Son parcours vers le sommet a été semé d'embûches, jalonné de revers et d'incertitudes. Il y a deux ans, à seulement 24 ans, il était sur le point de prendre sa retraite.
« J’ai connu de nombreuses saisons difficiles par le passé et j’ai été écarté de l’équipe de France à plusieurs reprises. » raconte Lovera.
« Il y a deux ans, je pensais que ce serait ma dernière saison. Mais finalement, j'ai intégré l'équipe nationale pour la Coupe du monde et j'ai réalisé mon premier top 10. »
Il a néanmoins tout juste réussi à se qualifier pour les Jeux Olympique cet hiver.
« Le début de la saison dernière n’a pas été facile non plus, et j’avais presque renoncé à l’idée de participer aux Jeux olympiques. Mais j’ai continué à m’entraîner, et tout s’est mis en place au bon moment, juste avant la sélection finale. » dit Lovera.
Le skieur de 26 ans a fait honneur à la confiance qui lui a été accordée en décrochant la médaille d'argent olympique française en relais, où il a couru le dernier relais, ainsi que trois places individuelles dans le top 15.
« C’est difficile à exprimer avec des mots, mais je crois que courir en dernier relayeur sur le relais des Jeux olympiques de Val di Fiemme sera l’un des plus beaux moments de ma vie. » dit Lovera, en poursuivant.
« J'ai eu l'honneur de porter le drapeau français sur les cent derniers mètres, et remporter la médaille d'argent olympique est un immense honneur. Je n'ai jamais baissé les bras et je suis fière de mon parcours. Partager ce moment avec mes amis, mes coéquipiers et ma famille a été incroyable. Récemment, j'ai compris combien il est important de partager ces grands moments avec ses proches. Cela rend tous ces sentiments et ces réussites encore plus précieux à mes yeux. »
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Il a changé tout son équipement de ski
Avant la saison olympique 2025/2026, Lovera a senti qu'il devait changer de cap. Il a donc décidé de remplacer tout son équipement de ski.
« Changer d’équipement juste avant un objectif aussi important était un choix risqué, mais j’ai décidé de le faire car je souhaitais une collaboration plus étroite avec mon fabricant de skis. Je voulais créer une ambiance presque familiale, où chacun travaille ensemble et cherche à s’améliorer chaque jour. Et j’en suis très satisfait après cette première saison. » dit Lovera, poursuivant :
« Par exemple, lorsque nous avons décidé que je passerais à des skis classiques de 202 centimètres en milieu de saison, juste avant les Jeux olympiques, toute l'équipe de l'usine s'est mobilisée et a réagi très rapidement. Par la suite, j'ai réalisé la meilleure course classique de ma vie sur 50 km aux Jeux olympiques, avec ce que je considère sincèrement comme les meilleurs skis classiques que j'aie jamais eus. »
Élaboration d'un nouveau plan
Cette percée olympique a changé bien plus que les résultats de Lovera. Elle lui a offert une approche totalement nouvelle de sa carrière.
« Bien sûr, cette avancée est le fruit d'un entraînement intensif, mais j'ai aussi commencé à prendre de plus en plus de plaisir à ce que je faisais. J'ai gagné en confiance en moi. » dit Lovera.
Pour la première fois, il a commencé à penser à long terme. Après la saison, il s'est posé, a mis ses idées par écrit et a élaboré un plan directeur pour la prochaine étape de sa carrière.
« Maintenant, je rêve de décrocher l’or aux Jeux olympiques de 2030. » dit-il.
« Bien sûr, il y a encore beaucoup d’étapes à franchir, et je sais que le chemin est encore long. Mais garder cet objectif en tête me motivera pour les quatre prochaines années. »
Un nouveau départ : « Je veux prendre des risques »
Malgré cette percée et ce succès olympique, Lovera sentait qu'il lui manquait encore quelque chose dans son programme d'entraînement.
« J’ai réalisé pendant les Jeux olympiques cet hiver que je devais investir encore plus dans ma carrière. » dit Lovera.
« Je veux m'entraîner davantage, mais je veux aussi prendre des risques car je ne veux pas rester dans le top dix ou le top quinze. Je veux donc franchir une nouvelle étape et progresser. »
Lovera a décidé de quitter l'équipe de France pendant la préparation estivale pour s'entraîner et se préparer à son prochain défi à Lillehammer.
Il est maintenant bien installé et il a découvert un véritable paradis pour les aspirants skieurs de fond.
« Ici, tout le monde s'entraîne sans cesse, et c'est probablement l'un des meilleurs endroits au monde pour le ski de fond. J'ai vraiment hâte d'être sur la ligne de départ des prochains Championnats du monde à Falun. »

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